19 mars 2016 ~ 0 Commentaire

Ambidextres

Dans mon lit, je dors toujours du côté gauche, j’ai fait mon trou dans le matelas, mais je m’en fous, je peux toujours le retourner si un jour je touche le sommier.
En voiture j’aime conduire parce que je me trouve à gauche.
Quand le gps me dit « tournez à droite », ça m’énerve alors je tourne à gauche, et encore à gauche. J’éteins le tom-tom qui me répète « faites demi-tour dès que possible » et je finis par faire des tours de pâté de maisons.

Pardon ? Ce n’est pas ça être « à gauche » ?
J’ai donc autant de cohérence que notre gouvernement alors, qui, à force de pencher à droite, est devenu ambidextre. Ou alors, simplement, les ministres sont-ils tous des droitiers contrariés ? A force de leur avoir rabâché petits qu’ils devaient être de gauche, à coups de règle sur le bout des doigts, ont-ils capitulé ? Mais le naturel est revenu au galop.

On les voit maintenant s’approprier sans complexe des idées pourtant bien ancrées à droite. Et d’une manière si convaincue qu’on devine qu’ils feintaient une posture jusqu’à maintenant. Et nous prenaient pour des cons.
On nous a fait miroiter la guerre contre la finance. Balayée d’un coup de main (droite), par un Macron qui tape la bise à Gattaz avec naturel.
On nous a parlé d’indépendance de la justice. Mais le virage à droite sécuritaire et l’établissement de l’Etat d’urgence quasi permanent donne plus de pouvoir au ministère de l’Intérieur qu’à la Justice.
On nous avait vendu un code de déontologie pour les ministres. Honnêteté, sincérité, transparence… Le ministre du Budget qui planque des comptes à l’étranger ? Un conseiller éphémère au commerce atteint de phobie administrative ?… c’est adroit/à droit…
Bien sûr, on nous avait assuré que les ministres ne cumuleraient jamais leur fonction avec un mandat local…
On nous avait parlé des partenaires sociaux, professionnels et syndicats, qui deviendraient des interlocuteurs réguliers. Le Medef a bien été considéré, lui qui applaudit depuis 2012 aux prises de position des ministres sur la « flexibilité » nécessaire des salariés. Le projet de réforme du code de travail prouve encore davantage, s’il le fallait, la direction prise par le gouvernement.

Parce que notre gouvernement serait de gauche ?
Lorsqu’on prolonge un état d’urgence et que l’on profite de l’angoisse des citoyens pour faire avaler des modifications de constitutions et des réductions des libertés, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on parle de déchéance de nationalité comme d’une solution au terrorisme, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on offre la légion d’honneur à un représentant d’un pays qui décapite ses condamnés, et lapide ses femmes, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on fait de notre pays le va-t-en-guerre de l’Europe, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on laisse des milliers de migrants s’entasser dans des camps dégueulasses, aux conditions d’hygiène déplorables, on n’est pas de gauche
Lorsque l’on réduit les budgets de la culture pour renforcer la répression, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on parle de l’école publique uniquement par le biais de « réformes » sans concertation, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on ne vient pas à l’Assemblée voter une loi sur la constitutionnalité de l’état d’urgence, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on dit aux français que pour mieux embaucher, il faut mieux licencier, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on s’assoit sur des acquis sociaux, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on utilise le 49-3 pour passer en force une loi sur le « pouvoir d’achat », cadeau au Medef sur toute la ligne, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on pense que la réponse aux problèmes des français, c’est toujours plus d’ordre et de rigueur, avant même de penser à un peu plus d’égalité, on n’est pas de gauche.
Lorsque l’on se prostitue auprès de pays qui bafouent les libertés individuelles, de la presse et d’expression en échange de contrats industriels ou d’armement, on n’est pas de gauche.

Vous voyez, moi aussi je suis capable d’écrire des anaphores.

Je suis de gauche. Je n’ai aucune honte à le dire, mais je refuse d’être associée à ce gouvernement.
Je suis de gauche, la gauche sociale, humaine, fraternelle, égalitaire, collective. Celle qui devrait élever son peuple au lieu de le tenir en lui faisant peur.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

buzzynews |
Education à l'orientat... |
Apokalupsis |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Ruptureproletaire
| " TchekChezToi ! "
| Dfouloirdunvivant