24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

Deux larmes

J’ai versé deux larmes ce matin.

La première en voyant cet homme assis sur le trottoir du pont Cavour. Les yeux dans le vide, déjà transpirant sous le soleil romain. Un gobelet en carton devant lui et un sac à os élimé à ses côtés. Et les passants qui l’enjambent sans un regard. Moi dans ce  bus, impuissante, à ne pas comprendre pourquoi moi j’ai le droit aux sourires ? Je me suis demandé quand tout pouvait donc basculer ? Pourquoi donc cet homme devait-il braver la rue et se battre alors que moi je l’arpentais cette ville, sans difficulté, sans même réfléchir à la direction que mes pas prenaient ? J’ai senti une telle tristesse en moi que cette foutue larme a coulé sur ma joue.
Putain de vie. Putain d’injustice. Putain de vents contraires. Putain d’indifférence. Putain d’égoïsme. Putain d’être humain, vendu aux marchands, aux menteurs, aux envieux…

J’ai versé la seconde devant la grandeur et le spectacle d’une basilique, aux mosaïques dorées sublimes, aux proportions parfaites. Des chœurs harmonieux s’élevaient.
Je ne crois en aucun dieu. Mais j’ai pleuré. J’ai pensé à Manchester. A la Libye. A la Syrie. Aux Philippines. A Paris. A tous ces innocents, peu importe leur confession, qui tombent sous les balles et meurent de l’imbécilite humaine qui ne sait plus la signification du mot fraternité. Cette même imbécilité qui cherche inlassablement à nous rapprocher des barbares.

J’ai versé cette seconde larme en me demandant comment l’ignorance des hommes pouvait construire aussi beau que ça…

 

20170524_101423

 

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

buzzynews |
Education à l'orientat... |
Apokalupsis |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Ruptureproletaire
| " TchekChezToi ! "
| Dfouloirdunvivant